INFILTRATIONS ÉPIDURALES DU RACHIS LOMBAIRE
Centres associés

Les infiltrations épidurales consistent à injecter un corticoïde dans l’espace épidural (synonyme d’espace péridural).
Elles sont essentiellement indiquées dans le traitement des hernies discales symptomatiques, et parfois dans celui des sténoses canalaires.
Pour plus de précision, ces infiltrations sont réalisées sous guidage de l’imagerie (radio ou scanner).

Trois voies d’abord existent pour réaliser ce type d’infiltration :

- Voie interlamaire

- Voie foraminale

- Voie du hiatus sacro-coccygien

Le choix de la voie d’abord sera pris par le radiologue en fonction de vos antécédents chirurgicaux, de vos symptômes et l’aspect de votre hernie en imagerie.
Ces infiltrations sont réalisées soit sous guidage radioscopique, soit sous guidage scanner.

DEROULEMENT DE L’EXAMEN

Munissez-vous de la prescription de votre médecin, de vos anciens examens (scanner ou IRM), du compte rendu de vos analyses biologiques (NFS-Plaquettes, bilan d’hémostase), et du compte rendu de consultation de radiologie interventionnelle si vous en avez eu une.

1. Le manipulateur radio vous installe sur la table d’examen.
2. Le manipulateur réalise une désinfection cutanée à la bétadine.
3. Le médecin réalise une nouvelle désinfection à la bétadine, afin de minimiser au maximum le risque d’infection.
4. Le médecin pratique l’infiltration en ponctionnant l’espace épidural, par la voie d’abord qu’il aura choisie.
Cette ponction peut être douloureuse pendant un cours instant. A votre demande, une anesthésie loco-régionale peut vous être administrée.
Lors de l’injection de produit de contraste, un déclenchement intense de vos douleurs peut être ressenti, ce qui est normal et transitoire.

CONTRE-INDICATIONS

- La grossesse peut être une contre-indication. Signalez-nous si vous êtes enceinte ou susceptible de l’être.
- Signalez-nous vos antécédents allergiques qui peuvent également modifier la préparation et la réalisation de l’examen.
- Un mauvais état cutané (plaie, infection cutanée) ou une maladie chronique de la peau (psoriasis) peut éventuellement être une contre-indication si il n’y pas d’intervalle de peau saine en regard du site de ponction.
- Vous devez absolument signaler une fièvre ou une infection en cours (pneumopathie, infection urinaire, infection dentaire..), car elle peut contre-indiquer votre examen.
- Vous devez également signaler la prise de médicaments fluidifiant le sang, car ils nécessitent un arrêt transitoire (anticoagulant par AVK ou héparine). En cas de prise d’antiagrégants plaquettaires (Aspirine et/ou Plavix), seul l’arrêt du Plavix est recommandé (recommandations de l’American Society of Regional Anesthesia and Pain Medicine (ASRA) de 2003). L’Aspirine ne nécessite pas d’arrêt systématique. La démarche à suivre vous sera indiquée lors de la prise de rendez vous. Dans tous les cas, n’arrêtez aucun médicament sans avoir l’accord préalable d’un médecin.

DUREE

En moyenne, elle est de 15 minutes.

PREPARATION

Il n’est pas nécessaire d’être à jeûn, mais il est recommandé de ne prendre qu’un repas léger avant l’examen.

Il est recommandé de venir accompagné(e), surtout si vous êtes très douloureux(se) avant l’infiltration, car celle-ci est susceptible de majorer vos symptômes dans les suites immédiates du geste.

Avant l’examen, n’oubliez pas d’indiquer si vous avez des allergies, si vous avez déjà été opéré de la colonne vertébrale, et si vous prenez des médicaments fluidifiants le sang.

N’arrêter aucun traitement médical avant votre examen.

EFFETS SECONDAIRES

Les complications des infiltrations épidurales sont imputables soit au positionnement de l’aiguille (infection, hématome, ponction durale), soit au produit injecté durant le geste (réaction d’hypersensibilité, injection intrathécale, injection intra-vasculaire avec risque d’embolisation dans une artère à destinée médullaire).

1. Infarctus médullaire, accident neurologique
On recense aujourd’hui dans toute la littérature scientifique, 14 cas d’ischémie médullaire, directement imputables à une infiltration épidurale : 2 cas par voie interlamaire sur rachis opéré, dont une réalisée à l’aveugle, 12 cas par voie foraminale.
L’hypothèse la plus probable serait une embolisation d’agrégats de corticoïdes et de globules rouges dans une artère radiculo-médullaire.

Pour minimiser au maximum ce type de risque, qui reste exceptionnel, au vu du nombre d’infiltrations épidurales réalisées dans le monde, il est plus prudent de réaliser ce type d’infiltration sous guidage de l’imagerie, qui permet de vérifier notamment l’absence d’opacification vasculaire.
Par ailleurs, nous n’utilisons que le cortivazol (Altim®) pour nos infiltrations rachidiennes, car ce médicament est le seul à n’avoir occasionné aucun accident neurologique.

2. Risque allergique

Une réaction allergique immédiate, qui est exceptionnelle, peut survenir de principe. Elle sera prise en charge par le radiologue.

3. Risque hémorragique

Le risque d’hématome épidural est estimé à 1/150 000.
Il est minimiser par une procédure rapide, et par la recherche de facteurs de risque (troubles de la coagulation, prise de médicaments fluidifiants le sang).
C’est pourquoi nous vous ferons réaliser une prise de sang avant l’infiltration.

4. Risque infectieux

Il est inhérent à toute procédure invasive, même s’il reste très rare. Le taux d’infection global des procédures interventionnelles rachidiennes est estimé à 1-2%. Le Staphylocoque aureus est le germe le plus souvent retrouvé.
Ce risque est prévenu par une procédure rigoureuse d’asepsie cutanée.

5. Ponction durale

C’est une complication dont on peut estimer la prévalence entre 0 et 2,6%.
Elle est détectée lors de l’opacification de produit de contraste.
En cas de plaie durale, des céphalées peuvent survenir, plus connues sous le nom de « syndrome post PL ». Ces céphalées (= maux de tête) sont intenses, et peuvent irradier dans le cou et les épaules. Elles surviennent dans 90% des cas dans les 3 premiers jours. Elles sont positionnelles, aggravées par les mouvements de la tête et la station debout, calmées par le décubitus (position allongée). 72% des douleurs régressent dans les 7 jours.
Le traitement initial consiste simplement à un repos strict au lit et à la consommation de caféine.
En cas de persistance des céphalées, un traitement par « blood patch », qui consiste à injecter 30 ml de votre propre sang dans l’espace épidural à l’étage initialement ponctionné. Cette technique, qui peut être répétée, a un taux de succès de 70 à 98%.

INJECTION DE PRODUITS

-

RESULTATS

Le résultat (images et compte rendu), vous sera remis immédiatement.

Un repos pendant 24-48 h est conseillé pour augmenter le taux de réussite de l’infiltration épidurale.

L’effet de l’infiltration est en général retardé dans le temps, avec un effet maximal entre 3 et 7 jours post infiltration.

En cas d’efficacité, sa durée dans le temps n’est pas prévisible (plusieurs semaines à plusieurs mois).

Il n’est pas rare d’avoir à réaliser plusieurs infiltrations pour un même épisode douloureux.